Nos constats
Depuis
100 ans des mouvements féministes sont actifs dans nos régions. Le
statut de la femme a changé, les relations hommes-femmes ont changé,
les rôles familiaux des hommes ont changé, l'importance de l'équilibre
relationnel et émotionnel dans la perception du bien-être subjectif a
changé.
Alors
que le « deuxième sexe » a pris en main de façon volontariste la remise
en question de son statut, de ses rôles et responsabilités, les hommes
n'ont pas eu de démarches concertées pour ré-évaluer leur statut, leurs
fonctions, rôles et relations.
Le mâle-être actuel du « premier sexe » justifie cependant que des efforts concertés soient faits pour remédier à cette situation. Il est trop fréquent qu'en cas de difficultés personnelles, l'homme rentre dans sa caverne, s'isole ou se cache pour faire passer la douleur. C'est certainement un mode de gestion possible. Ce n'est pas le seul. Ce n'est probablement pas une manière de faire évoluer la condition masculine et de contribuer à l'évolution de la société.
Or les défis ne manquent pas ! Le tableau qui suit, dont les statistiques sont issues des données sur la population belge renseignées par l’Institut National de Statistiques www.stat.fgov.be , donne un petit aperçu des décalages entre hommes et femmes dans des aspects variés de l'existence.
Hommes Femmes
Pourcentage de fumeurs quotidiens (2002) 33% 25%
Personnes dépendantes de l'alcool (2001) 9,5% 3,6%
Taux de suicide (1997) 2,99% 1,15%
Décès par accident de la route (1997) 2,05 0,75%
Nombre de détenus dans les prisons belges (2004) 8.891 388
Temps passé au soin des enfants minutes/jour (1998-2002) 20 à 74 ans
19' 35'
En ce début de 21e siècle, l’homme apparaît comme bien fragile. Dans une société qui proclame le droit au bonheur et à la santé, pourquoi les hommes apparaissent-ils à ce point plus enclins que les femmes à prendre la tangente ?
Alors que nous consacrons des années à nous former professionnellement, quel temps consacrons nous domaine relationnel et émotionnel ? En général, un temps inversement proportionnel au niveau de satisfaction que nous en attendons. Quel paradoxe !
Alors que nous nous assurons d'avoir des bases en place avant de démarrer un projet commercial, de construction ou de voyage, il semble naturel à beaucoup d'entre nous d'avancer dans la vie sans, de temps à autre, faire le point et s'assurer que notre approche tient le cap. Pourtant s'il est un domaine de la vie dans lequel nous avons accumulé du bric à brac, souvent heureux mais émaillé de trous ou de bosses, c'est bien notre vie relationnelle et affective.
Si un certain nombre d'hommes gèrent avec aisance et sans recours extérieur les nouveaux défis relationnels et émotionnels que la vie leur présente, un nombre limité d'autres a recours à des ressources du genre stage de développement, médiation, conseil conjugal, psychothérapie.
Cependant il reste des barrières importantes à la fréquentation de ces relais par les hommes. Les uns ne s'estiment pas assez fous ni malades pour consulter un psy, les autres jugent que passer du temps de parole ou de stage à prendre en main sa vie relationnelle ou émotionnelle, «c'est pas un truc pour des (vrais) mecs». Certains qui ont fait le pas de participer à une session se sont découverts un peu seuls et singuliers dans les 20% d'hommes participants et du coup s'impliquent moins dans le programme proposé. On ne parle pas de ceux qui auraient bien voulu y participer
mais qui en public se disent assez forts pour tenir tout seul.
Bref le mythe « du vieux cow-boy solitaire et résistant » a la vie longue ...